Depuis quand vis-tu à Roquevaire ?
Je vis en famille avec 3 enfants à Roquevaire au hameau de Lascours depuis 8 ans.
Que fais-tu dans la vie ?
Je suis artisan/architecte et musicienne. Artisan d’abord parce que ma vision de l’architecture c’est la co-construction entre artisans. L’architecte en est souvent loin aujourd’hui donc au-delà de ma formation d’architecte conventionnelle, je me suis formée au chantier collaboratif, participatif et aux matériaux traditionnels, qui ont tous leur logique territoriale. Je travaille ainsi selon mes projets avec différents corps de métiers: menuiserie, terrassement, maçonnerie, paysagiste et tous les matériaux qui en découlent: la pierre, le bois, les enduits à la chaux, l’ocre, le pisé, la terre.
Mon engouement pour une architecture sensible, réparatrice et à échelle humaine m’a directement mené au travail de l’argile. Formée à l’école de céramique d’Aubagne, j’ai désormais mon atelier de céramique dans le quartier de la Tuilerie. Je collabore avec le torréfacteur de “La tasse aux arômes” pour y exposer mes pièces de vaisselle. Aussi musicienne, je travaille pour une école de musique marseillaise qui rayonne sur toutes les Bouches du Rhône, À PETITS SONS. Je vais dans les écoles et les crèches pour éveiller la musique auprès des enfants. Je suis aussi chanteuse et guitariste dans des groupes, en formation pop-rock, blues ou chansons françaises entre Roquevaire,
Lascours et Marseille.
Qu’est-ce que tu observes dans la commune aujourd’hui ?
J’observe sur la commune un environnement exceptionnel, des infrastructures nombreuses, un charme certain mais aussi des incohérences, peu de circulations douces et un délaissement global de l’espace public. Je pense que l’on ne vit pas dans une carte postale! J’observe globalement beaucoup de ressources, une vallée forgée par l’Huveaune, des collines splendides mais aussi un aménagement urbain qui évolue vite et qui est souvent malmené ou pas ajusté aux besoins. Je pense qu’il nous faut prendre le temps de penser ensemble la “couture” des aménagements urbains posés ci et là sur le territoire de la commune, rendre de la cohérence, de la visibilité sur les parcours et transition entre hameaux. Le manque de stationnement en relation avec des commerces de proximité est évident car sans économie saine, pas d’emploi, pas de dynamisme global. J’observe aussi qu’il reste beaucoup d’opportunités pour améliorer nos circulations quotidiennes, à pied comme à vélo. Pour enrichir et mettre en valeur nos belles infrastructures et plateaux dédiés aux sports je pense qu’il faudrait mailler le territoire de petites structures qui puissent accueillir le “faire ensemble” et l’échange, l’intergénérationnel, les petits commerces de qualité, un vrai marché le we… ainsi qu’une une offre culturelle variée. Je trouve qu’il faut aussi, par respect pour notre patrimoine naturel, requalifier, aménager des franchissements et des accès à l’Huveaune, rendre à la commune certains accès aux massifs et lutter contre la privatisation de traverses, sentiers,
DFCI ou autres lieux et biens communs.
Qu’aimerais-tu apporter à Roquevaire ?
J’aimerais globalement apporter des idées sur la cohérence urbaine et paysagère de la commune. Je suis très inspirée à l’idée de renouveler notre rapport à l’aménagement urbain, que je conçois comme au cœur du projet politique, si l’on s’en tient à l’étymologie stricto sensus du terme “politique” comme l’exercice qui consiste à organiser et aménager la cité. La connaissance des paysages et l’architecture des savoirs-faire locaux, dits vernaculaires, sont des ressources inépuisables qu’il nous faut retrouver, relocaliser et transmettre. A la croisée de l’écologie et du progrès socio-culturel. J’ai rencontré auprès d’Eric Bouillé, et de son équipe, de l’authenticité et de l’ambition ainsi que de vrais échos à mes préoccupations locales. Je me joins donc à cette aventure citoyenne vers une transition heureuse!